26-02-2003 : Soulèvement du Darfour.

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jacknap1948
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26-02-2003 : Soulèvement du Darfour.

Message par jacknap1948 » Jeu Fév 26, 2026 8:47 am

26 février 2003 : Soulèvement du Darfour.



Le 26 février 2003, un Front de libération du Darfour prend les armes et s'empare de la ville de Golo, près de la frontière avec le Tchad. Les rebelles réclament de ne plus être marginalisés par l'État soudanais.

Le dictateur Omar el-Béchir envoie l'armée rétablir l'ordre et surtout lance les janjawid contre la population. Ces miliciens issus des tribus nomades locales sont des cavaliers redoutables. Ils mènent une campagne de terreur fondée sur la violence ethnique et la politique de la terre brûlée à l’encontre des agriculteurs sédentaires du Darfour.


Nettoyage ethnique au Darfour

En 2003, le monde découvrait le Darfour, théâtre de massacres sans nom et même d’une accusation de ­génocide. Ces crimes étaient le fait de miliciens issus des tribus nomades locales et recrutés par le dictateur Omar el-Béchir pour réprimer les rébellions locales.

Ces miliciens dénommés janjawid (« Hommes à cheval avec mitraillette ») étaient, comme leur nom l’indique, des cavaliers redoutables. Ils avaient mené une campagne de terreur fondée sur la violence ethnique et la politique de la terre brûlée à l’encontre des populations sédentaires du Darfour.

Vingt ans plus tard, en 2023, voilà que le Darfour est revenu dans l’actualité avec à nouveau des massacres et une accusation de génocide. En un peu plus de deux ans, les morts se chiffrent en centaines de milliers et les déplacés se chiffrent en millions, pour ne rien dire des viols collectifs.


Le Darfour, sultanat déchu

Le Darfour ou « pays des Fours », du nom de l’ethnie principale, désigne la partie occidentale du Soudan. Jusqu’au milieu du XIXe siècle, ce fut un sultanat indépendant sans rien de commun avec les populations soudanaises de la haute vallée du Nil.

Ce quadrilatère grand comme la France (500.000 km2) est peuplé de 7 à 8 millions d’habitants seulement. C’est un peu le double du Tchad voisin avec au nord le Sahara et au sud, un massif modérément fertile dominé par le Djebel Marra (3000 mètres). Toute la population du Darfour est musulmane.
Le nord du Darfour est parcouru par des pasteurs nomades ou semi-nomades qui parlent une variante locale de l’arabe et revendiquent une ascendance arabe même s’ils sont très largement métissés.

Les plateaux et massifs du sud sont habités par des cultivateurs et éleveurs sédentaires qui parlent des langues nilo-sahariennes ou nigéro-congolaises. Ce sont en premier lieu les Furs, qui ont donné leur nom à la région, en second lieu les Massalits et les Zaghawas. Ces derniers sont des semi-nomades également présents au Tchad, de l’autre côté de la frontière. C’est ainsi un Zaghawa, Idriss Déby, qui a pris le pouvoir à N’Djaména en 1990.


15 avril 2023 : la « guerre des généraux » ramène le chaos au Soudan

Pendant trente ans, de 1989 à 2019, le Soudan a vécu sous la férule du colonel Omar el-Béchir, lequel s'est maintenu au pouvoir en resserrant ses liens avec la confrérie islamiste des Frères musulmans.

Omar el-Béchir obtient un cessez-le-feu avec les chrétiens du sud, soulevés sous la direction de John Garang. Mais dans le même temps, il engage une violente répression contre les populations sédentaires et noires du Darfour, qui ne supportaient plus leur relégation. Le 26 février 2003, un Front de libération du Darfour prend les armes et s'empare de la ville de Golo, près de la frontière avec le Tchad. Omar el-Béchir envoie l'armée rétablir l'ordre et surtout lance les milices janjawid contre la population. Dans le même temps, il accuse le Tchad du président Idriss Déby de soutenir les rebelles !

« Y a-t-il désir de la part de Khartoum d'anéantir tous les Africains du Darfour ? Non, mais en revanche, d'en tuer un nombre immense oui, jusqu'à les amener à résipiscence, à obéir par la terreur. Je préfère donc parler de politique génocidaire. Il faut replacer cela dans le contexte des politiques de type génocidaire que le gouvernement soudanais a eues vis-à-vis des peuples identifiés comme non arabes. Maintenant que l'on tue des "nègres", des Africains musulmans, les choses sont claires : c'est une guerre de race, pas de religion, » déclare à Libération (21 mai 2005) l'historien africaniste Gérard Prunier, auteur de Le Darfour, un génocide ambigu (La Table ronde, 2005).

Le dictateur soudanais est inculpé par la Cour pénale internationale de La Haye (CPI) de crimes contre l’humanité et crimes de guerre le 4 mars 2009. Cette condamnation d'un chef d'État en exercice est une première diplomatique, bien que non appliquée. Omar el-Béchir continue de voyager à l'étranger mais se montre plus conciliant avec les chancelleries. Pour en finir avec la rébellion sudiste, il concède un référendum d'autodétermination aux populations du Sud, lequel aboutit à l'indépendance du Sud-Soudan le 9 juillet 2011.

Début 2019, la population de la capitale Khartoum se soulève contre le régime et réclame la démocratie. Après quatre mois de manifestations, les militaires sortent de leurs casernes le 11 avril 2019 et renversent le dictateur. Celui-ci est aussitôt remplacé à la tête de l'État par le général Abdel Fattah al-Burhan, lequel disperse violemment les manifestants qui espéraient encore l'avènement de la démocratie.

Al-Buhran ne tarde pas à devoir affronter des rivaux au sein même de l'armée et du gouvernement. L'opposition la plus sérieuse vient du N°2 du Conseil militaire de transition, Mohammed Hamdan Dagalo, plus connu sous le nom de « Hemedti ». Celui-ci avait participé en 2003 au ravage du Darfour aux côtés des janjawid et de leur chef, Moussa Hilal.



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À mon très grand ami Patrice († 58).
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Décor "simpliste" sur lequel nous avions rejoué, à 9 joueurs, la Bataille d'Eylau en 1807.

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