24-03-1999 : L'OTAN bombarde Belgrade et la Serbie.
Publié : Mar Mars 24, 2026 8:15 am
24 mars 1999 : L'OTAN bombarde Belgrade et la Serbie.
Balkans : Les guerres de Yougoslavie
Sitôt que tombe le mur de Berlin, en 1989, des nationalistes serbes s'empressent de rompre le fragile équilibre de la Fédération yougoslave. Cette construction multinationale issue des deux guerres mondiales n'avait tenu jusque-là que par la crainte de devenir le théâtre d'un affrontement entre Moscou et Washington.
Avec la fin de la guerre froide, les dissensions entre les différentes nationalités qui composent la Yougoslavie conduisent à une succession de conflits qui vont endeuiller l'Europe et renouer avec les mauvais souvenirs des deux guerres mondiales. Leur bilan humain est évalué à plus de cent mille morts, surtout en Bosnie-Herzégovine, à quoi s'ajoutent les viols de guerre, les blessés, les personnes chassées de leur foyer...
Alban Dignat
Les origines de la guerre
En 1986, un groupe d'académiciens de Belgrade publie un appel pour souhaiter que les Serbes retrouvent au sein de la Yougoslavie l'hégémonie auxquels ils auraient droit en vertu de leur rôle historique dans la résistance à l'occupant turc ou allemand.
Milosevic, chef du parti communiste de la République fédérative de Serbie, en voie de devenir le président de la République, enfourche les thèses nationalistes dès 1987 pour conquérir le coeur des foules, accéder au pouvoir absolu et le conserver.
La Serbie enterre la Fédération yougoslave
Le 23 mars 1989, Milosevic abolit unilatéralement l'autonomie dont jouissait la province serbe du Kossovo (ou Kosovo en anglais), à l'égal des Républiques fédératives yougoslaves (Croatie, Bosnie-Herzégovine, Slovénie, Macédoine, Monténégro, Serbie). Il abolit également l'autonomie de la Voïvodine, une autre province de la République fédérative de Serbie qui compte 300.000 Hongrois.
Le 28 juin 1989, à l'occasion du 600° anniversaire de la bataille du Champ du Merle, un million de Serbes, soit le cinquième de la population adulte (!), font un triomphe à Milosevic lorsqu'il annonce un programme de «reconquête» du Kossovo, où 200.000 Serbes s'inquiètent de leur marginalisation face à près de 2 millions de musulmans de langue albanaise.
Les autres républiques de la Fédération, plus ouvertes sur l'Occident, s'inquiètent de la dérive guerrière de la Serbie.
En mai 1991 se produisent de premiers incidents sanglants entre Serbes et Croates. Le 13 juin, l'armée yougoslave, que dominent les Serbes, entame les premiers tirs d'artillerie en Slavonie (Croatie), dans la région de Vukovar. C'est le début effectif de la guerre.
Le 25 juin 1991, les Croates et les Slovènes proclament leur «désassociation» de la Fédération yougoslave. Sur les instances de la Communauté européenne, ils acceptent de surseoir à leur indépendance pendant trois mois à condition que les Serbes reviennent à une conception équitable des rapports fédéraux.
Leurs attentes sont trahies dès le 1° juillet suivant quand, le Croate Stipe Mesic ayant été légalement porté à la présidence de la Fédération yougoslave, la Serbie refuse de reconnaître son autorité !
Slovénie et Croatie prennent le large
Le 3 juillet 1991, les Slovènes, qui habitent au nord du pays, se heurtent à l'armée fédérale et la chassent sans difficulté de leur territoire. Ils deviennent de facto indépendants. Les Croates ont moins de chance. Ils doivent faire face à une invasion en règle par les Serbes de l'Armée populaire yougoslave, soutenus par les miliciens originaires de Krajina, une région de Croatie à population majoritairement serbe.
Les positions se radicalisent et Vukovar est copieusement bombardée dès le 30 août... Les Occidentaux ne s'en émeuvent pas outre-mesure car l'attention internationale est tournée vers Moscou où l'autorité de Gorbatchev a été réduite en miettes après une tentative de coup d'État de ses opposants. Pour se défendre, les Croates font appel à un homme énergique, le général Franjo Tudjman. Il s'agit d'un nationaliste croate qui fut en d'autres temps proche des extrémistes Oustachis.
Le 7 octobre, Mesic, vaincu par l'obstruction des Serbes, démissionne de la présidence yougoslave. De ce jour, la Fédération a cessé de vivre... Dans cette affaire, faut-il le rappeler ? Milosevic bénéficie d'une étonnante mansuétude de la part des Européens et en particulier du président français, François Mitterrand, lequel devient célèbre pour une phrase d'anthologie : «Il ne faut pas ajouter la guerre à la guerre !».
24 mars 1999 : L'OTAN bombarde Belgrade et la Serbie
Du 24 mars au 10 juin 1999, treize États membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), dont les États-Unis, la France et l’Allemagne, bombardent la Serbie (République fédérale de Yougoslavie) en vue de mettre un terme à la guerre du Kossovo et obliger le gouvernement de Belgrade à se séparer de cette province rebelle à majorité islamo-albanaise. Ils prennent prétexte du massacre de 45 Albanais dans le village de Reçak, le 15 janvier 1999, et de l'échec de la conférence de Rambouillet qui l'avait suivi.
L'opération est menée sans l'aval de l'ONU et sur la foi d'une campagne médiatique grossièrement mensongère. Le bombardement fait deux mille à trois mille morts parmi les civils. Il se solde par l'indépendance unilatérale du Kossovo en 2008 et l'expulsion de la plus grande partie de la minorité serbe du territoire. Le Kossovo indépendant est devenu, au coeur de l'Europe, un État ouvertement mafieux.
Une semaine d'Histoire du 23 Mars 2026 au 29 Mars 2026 avec Herodote.net
Balkans : Les guerres de Yougoslavie
Sitôt que tombe le mur de Berlin, en 1989, des nationalistes serbes s'empressent de rompre le fragile équilibre de la Fédération yougoslave. Cette construction multinationale issue des deux guerres mondiales n'avait tenu jusque-là que par la crainte de devenir le théâtre d'un affrontement entre Moscou et Washington.
Avec la fin de la guerre froide, les dissensions entre les différentes nationalités qui composent la Yougoslavie conduisent à une succession de conflits qui vont endeuiller l'Europe et renouer avec les mauvais souvenirs des deux guerres mondiales. Leur bilan humain est évalué à plus de cent mille morts, surtout en Bosnie-Herzégovine, à quoi s'ajoutent les viols de guerre, les blessés, les personnes chassées de leur foyer...
Alban Dignat
Les origines de la guerre
En 1986, un groupe d'académiciens de Belgrade publie un appel pour souhaiter que les Serbes retrouvent au sein de la Yougoslavie l'hégémonie auxquels ils auraient droit en vertu de leur rôle historique dans la résistance à l'occupant turc ou allemand.
Milosevic, chef du parti communiste de la République fédérative de Serbie, en voie de devenir le président de la République, enfourche les thèses nationalistes dès 1987 pour conquérir le coeur des foules, accéder au pouvoir absolu et le conserver.
La Serbie enterre la Fédération yougoslave
Le 23 mars 1989, Milosevic abolit unilatéralement l'autonomie dont jouissait la province serbe du Kossovo (ou Kosovo en anglais), à l'égal des Républiques fédératives yougoslaves (Croatie, Bosnie-Herzégovine, Slovénie, Macédoine, Monténégro, Serbie). Il abolit également l'autonomie de la Voïvodine, une autre province de la République fédérative de Serbie qui compte 300.000 Hongrois.
Le 28 juin 1989, à l'occasion du 600° anniversaire de la bataille du Champ du Merle, un million de Serbes, soit le cinquième de la population adulte (!), font un triomphe à Milosevic lorsqu'il annonce un programme de «reconquête» du Kossovo, où 200.000 Serbes s'inquiètent de leur marginalisation face à près de 2 millions de musulmans de langue albanaise.
Les autres républiques de la Fédération, plus ouvertes sur l'Occident, s'inquiètent de la dérive guerrière de la Serbie.
En mai 1991 se produisent de premiers incidents sanglants entre Serbes et Croates. Le 13 juin, l'armée yougoslave, que dominent les Serbes, entame les premiers tirs d'artillerie en Slavonie (Croatie), dans la région de Vukovar. C'est le début effectif de la guerre.
Le 25 juin 1991, les Croates et les Slovènes proclament leur «désassociation» de la Fédération yougoslave. Sur les instances de la Communauté européenne, ils acceptent de surseoir à leur indépendance pendant trois mois à condition que les Serbes reviennent à une conception équitable des rapports fédéraux.
Leurs attentes sont trahies dès le 1° juillet suivant quand, le Croate Stipe Mesic ayant été légalement porté à la présidence de la Fédération yougoslave, la Serbie refuse de reconnaître son autorité !
Slovénie et Croatie prennent le large
Le 3 juillet 1991, les Slovènes, qui habitent au nord du pays, se heurtent à l'armée fédérale et la chassent sans difficulté de leur territoire. Ils deviennent de facto indépendants. Les Croates ont moins de chance. Ils doivent faire face à une invasion en règle par les Serbes de l'Armée populaire yougoslave, soutenus par les miliciens originaires de Krajina, une région de Croatie à population majoritairement serbe.
Les positions se radicalisent et Vukovar est copieusement bombardée dès le 30 août... Les Occidentaux ne s'en émeuvent pas outre-mesure car l'attention internationale est tournée vers Moscou où l'autorité de Gorbatchev a été réduite en miettes après une tentative de coup d'État de ses opposants. Pour se défendre, les Croates font appel à un homme énergique, le général Franjo Tudjman. Il s'agit d'un nationaliste croate qui fut en d'autres temps proche des extrémistes Oustachis.
Le 7 octobre, Mesic, vaincu par l'obstruction des Serbes, démissionne de la présidence yougoslave. De ce jour, la Fédération a cessé de vivre... Dans cette affaire, faut-il le rappeler ? Milosevic bénéficie d'une étonnante mansuétude de la part des Européens et en particulier du président français, François Mitterrand, lequel devient célèbre pour une phrase d'anthologie : «Il ne faut pas ajouter la guerre à la guerre !».
24 mars 1999 : L'OTAN bombarde Belgrade et la Serbie
Du 24 mars au 10 juin 1999, treize États membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), dont les États-Unis, la France et l’Allemagne, bombardent la Serbie (République fédérale de Yougoslavie) en vue de mettre un terme à la guerre du Kossovo et obliger le gouvernement de Belgrade à se séparer de cette province rebelle à majorité islamo-albanaise. Ils prennent prétexte du massacre de 45 Albanais dans le village de Reçak, le 15 janvier 1999, et de l'échec de la conférence de Rambouillet qui l'avait suivi.
L'opération est menée sans l'aval de l'ONU et sur la foi d'une campagne médiatique grossièrement mensongère. Le bombardement fait deux mille à trois mille morts parmi les civils. Il se solde par l'indépendance unilatérale du Kossovo en 2008 et l'expulsion de la plus grande partie de la minorité serbe du territoire. Le Kossovo indépendant est devenu, au coeur de l'Europe, un État ouvertement mafieux.
Une semaine d'Histoire du 23 Mars 2026 au 29 Mars 2026 avec Herodote.net